Jusqu’à ce que la mort nous sépare

Article associé au RaysDay

Cela fait presque un an que tu es partie. Tu sais ma chérie je suis triste parce qu’une partie de moi est restée près de toi, mais tellement soulagé pour toi que j’en ai presque le cœur à sourire. Paralysie supra nucléaire progressive voilà ce qui nous a séparés. Vous savez ce que c’est ? Probablement pas, mais dans le cas contraire, je suis désolé pour vous, car cela veut dire que vous savez ce que cette maladie entraîne.

Derrière ses mots barbares se trouve tout un cheminement vers la fin d’une vie. La fin d’une vie, car cette maladie fait partie des orphelines c’est-à-dire que l’on ne la connait pas, on ne sait pas la soigner et que le monde entier est en stade de recherche.

Comme son nom l’indique, elle paralyse, mais en douceur et cela se fait sur plusieurs années. Les premières années, la maladie est discrète, on ne la détecte pas : des petits problèmes par-ci, par là sans grande importance. Puis il y a le moment où les yeux se figent, plus de possibilités de les bouger, puis les difficultés à marcher et bouger les bras se font connaîtrent. C’est à ce moment que tout va très vite : la parole, les jambes, les bras, la déglutition tout est figé, tout ne fonctionne plus. La personne souffrante de la maladie devient alors prisonnière de son propre corps, car le pire dans tout ça, c’est que le cerveau fonctionne encore : ma femme avait envie de parler, mais aucun son ou cri ne sortait, l’envie de bouger, voir et sentir étaient bien là, mais n’atteignaient plus les membres…

Je suis resté près d’elle, je l’ai faite marcher pour ralentir la paralysie, je l’ai faite manger pendant des heures jusqu’à ce qu’elle arrive à avaler, je l’ai emmenée aux toilettes et vidée de mes propres mains et quand les larmes coulaient, je la rassurais. Jusqu’au bout, nous avons lutté contre cette maladie.

Pour le meilleur et pour le pire… Jusqu’à ce que la mort nous sépare.

©Ducher Lucie

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3 commentaires sur « Jusqu’à ce que la mort nous sépare »

  1. « Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L’oubli est la ruse du diable »
    Rigord, moine de l’abbaye de Saint-Denis, 1207.

    Très beau, bien écrit et réfléchi !

    J'aime

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